Zazen, Voie du Silence.

Zazen signifie s’assoir, méditer. Méditation assise. C’est la Voie du Silence. Mais qu’est-ce que ce Silence ?

Après avoir disposé son corps dans la meilleure posture possible, sur un zafu, un petit banc, ou une chaise, dans un espace agréable, idéalement prévu pour cet exercice et donc dégagé d’éléments perturbants ; après avoir établi sa respiration comme il est proposé : une expiration qui se prolonge, un bref arrêt, puis une inspiration brève qui est naturelle, comme un cadeau, vous pouvez alors dompter votre mental, c’est-à-dire le mettre en veilleuse. Ce qui ne lui est pas du tout habituel. Il va se rebeller, vous envahir d’un tumulte de pensées. Pas grave. Chaque pensée, vous la laissez descendre avec votre expiration, elle vous quitte et vous revenez à votre seule respiration. C’est le premier sens de « Silence ». Vous êtes dans un état où votre mental est comme absent. Avec beaucoup d’entraînement, vous serez alors capable de vivre cet état pendant quelques minutes, vous êtes en état de Samadhi.

Mais c’est le deuxième niveau de « Silence » qui nous intéresse. En état de Samadhi, tous vos six sens sont ouverts. Ouverts à tout ce qui vient, à toutes les sensations perçues qu’il n’est point besoin d’analyser, juste sentir. Vous êtes simplement immergé dans le minéral, le végétal, l’animal, vous êtes UN au milieu de cet environnement, idéalement placé à la Source et au diapason de tout ce qui est, dans ce Silence si présent, si puissant de vie. Inutile de nommer quoi que ce soit. C’est ce Silence-là, que vous allez apprivoiser petit à petit, qui deviendra votre socle dans tous les actes de votre quotidien. Zazen n’a pas pour objectif de s’assoir sur un zafu. Il conduit plutôt à vous posez là où vous êtes dans le quotidien, dans ce que vous faites, avec toute votre attention ancrée dans ce Silence, vie de l’arbre, vie du macadam, vie des êtres que vous rencontrez. Vos actions seront alors inspirées du fond de votre être, de l’être que vous êtes.